| H. c. «Luzerner Zeitung» (8/92) | En Fait En mars 1992, la «Luzerner Zeitung» rendait compte du suicide d'une femme pasteur. Celle-ci était contestée dans sa commune et des membres de cette commune avaient récolté des signatures pour parvenir à sa non-réélection sans pourtant atteindre le quorum. Le Conseil de paroisse l'avait proposée à la réélection pour un nouveau mandat d'une durée de six ans. La «Luzerner Zeitung» posait la question de savoir s'il y avait un lien entre la collecte des signatures et le suicide. D'autres journaux ont repris le cas en donnant le nom de la femme. Conclusions Toute information sur la mort d'une personne suppose que l'on pénètre dans l'intimité de cette personne. C'est pourquoi les médias doivent faire preuve de la plus grande retenue en abordant des cas de suicide. Dans le doute on s'abstiendra d'en parler. Les cas de suicide peuvent faire l'objet d'une information lorsqu'ils suscitent un grand écho dans le public, qu'ils se trouvent en rapport avec un crime révélé par la police, qu'ils ont un caractère de manifestation et visent à rendre l'opinion attentive à un problème non résolu, lorsqu'ils suscitent une discussion publique ou donnent cours à des rumeurs et à des accusations. En outre, la multiplication des cas de suicide dans des institutions publiques est un thème que les journalistes se doivent d'aborder. Quoi qu'il en soit, le compte rendu ne doit comporter ni les noms ni les photos des personnes concernées ou des lieux en question, ni les adresses et autres données touchant à la sphère privée ou concernant les dossiers médicaux. Lorsque des personnalités publiques mettent fin à leurs jours, et pour autant que le suicide ait une relation probable avec leurs activités publiques, l'opinion publique a le droit d'en être informée. Dans ces cas, les noms doivent être donnés et une illustration est tolérable. Là encore, une retenue extrême s'impose quand à la forme donnée au récit. En raison du risque d'imitation, les informations détaillées sur les suicides et les tentatives de suicide sont à éviter. La question de l'effet médiatique se pose au moment de décider s'il y a publication ou diffusion d'une information sur un cas de suicide.
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