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Jahrespressekonferenz vom 24. Juni 2009 / Conférence de presse du 24 juin 2009

Interlaken, 24. Juni 2009

Veröffentlichung von Bild und Namen des Tatverdächtigen im Fall «Lucie»

Jahrespressekonferenz des Schweizer Presserates

Redaktionen sollten nicht reflexartig publizieren, wenn Behörden den Namen und das Bild eines Tatverdächtigen freigeben, sondern eigenständige berufsethische Überlegungen anstellen. Die Veröffentlichung einer Fahndungsmeldung oder eines Zeugenaufrufs durch die Medien ist gerechtfertigt, wenn weitere schwere Verbrechen drohen, der Tatverdächtige auf der Flucht ist oder die Tat bestreitet. Unverhältnismässig ist eine identifizierende Medienberichterstattung hingegen, wenn sich wie im Mordfall «Lucie» bereits vor der Veröffentlichung eines Zeugenaufrufs eine grosse Zahl möglicher Zeuginnen bei den Behörden gemeldet hat und der bereits gefasste mutmassliche Täter gestän-dig ist. Zu diesen Schlüssen ist der Presserat in einer an seiner Jahrespressekonferenz vom Mittwoch veröffentlichten Stellungnahme gelangt.

Anfang März 2009 löste das brutale Gewaltverbrechen am zuvor vermissten Au-pair-Mädchen «Lucie» eine Kaskade von Medienberichten aus. Am 12. März 2009 orientierte die Aargauer Kantonspolizei an einer vom Schweizer Fernsehen direkt übertragenen Pressekonfe-renz über den Stand der Ermittlungen und veröffentlichte dabei den vollen Namen und das Foto des geständigen, mutmasslichen Täters. Dies mit der Begründung, die Kantonspolizei suche als mögliche Zeuginnen weitere junge Frauen, die der Täter angesprochen hatte. Der überwiegende Teil der Schweizer Medien nannte daraufhin den Namen und veröffentlichte das Bild des mutmasslichen Mörders. Dies veranlasste den Presserat, der die Journalistinnen und Journalisten seit Jahren zu Zurückhaltung bei Namensnennung und identifizierender Be-richterstattung aufruft, den Fall von sich aus aufzugreifen.

In seiner am Mittwoch anlässlich seiner Jahrespressekonferenz veröffentlichten Stellungnah-me hält der Presserat daran fest, dass die Freigabe von Namen und Bild eines Tatverdächtigen durch eine Behörde die Medienschaffenden nicht davon entbindet, eine eigenständige berufs-ethische Interessenabwägung vorzunehmen und die Verhältnismässigkeit einer identifizieren-den Berichterstattung kritisch zu hinterfragen. Dies ist ein unabdingbarer Bestandteil der journalistischen Unabhängigkeit. Dazu gehört bei Zeugen- und Fahndungsaufrufen die Über-legung, ob weitere Verbrechen drohen, ob ein mutmasslicher Täter bei schweren Verbrechen nicht zur Rechenschaft gezogen werden kann, weil er auf der Flucht ist oder die Tat bestreitet.

Eine anonymisierte Berichterstattung wird für den Presserat zudem auch dann nicht automa-tisch sinnlos, wenn eine Medienkonferenz live übertragen wird. Im Fall «Lucie» war der mutmassliche Mörder trotz der aussergewöhnlichen medialen Aufmerksamkeit auch nach der Fernsehdirektübertragung nicht derart bekannt, dass danach jegliche Zurückhaltung in der weiteren Berichterstattung zwecklos geworden wäre.

Weitere Auskunft:

Dominique von Burg, Präsident Tel. 079 / 609 27 08 Martin Künzi, Sekretär Tel. 033 / 823 12 62

Interlaken, le 24 juin 2009

Publication de l'image et du nom de l'auteur présumé dans le cas «Lucie»

Conférence de presse annuelle du Conseil suisse de la presse

Les rédactions ne devraient pas publier par pur réflexe le nom et la photo d'un criminel présumé livrés par les autorités, mais bien procéder avant publication à leurs propres réflexions déontologiques. La publication d'un avis de recherche ou d'un appel à témoins par les médias se justifie lorsque d'autres délits sont à craindre et/ou l'auteur présumé est en fuite, de même s'il nie sa culpabilité. La publication de noms et de photos est en revanche disproportionnée lorsque, comme dans le cas «Lucie», l'auteur présumé du meurtre a déjà été arrêté et qu'il a avoué, et que de plus un grand nombre d'éventuels témoins se sont annoncés auprès des autorités avant même la publication d'un appel à témoins. Le Conseil suisse de la presse est arrivé à ces conclusions dans une prise de position publiée mercredi lors de sa conférence de presse annuelle.

Au début du mois de mars 2009, le crime violant et brutal faisant suite à la disparition de la jeune fille au pair «Lucie» a déclenché une cascade de comptes rendus médiatiques. Le 12 mars 2009, la police cantonale argovienne informait sur l'état de l'enquête lors d'une conférence de presse retransmise en direct par la télévision suisse. A cette occasion, les autorités ont révélé le nom complet et la photo de l'auteur présumé qui avait passé aux aveux. Le prétexte en était que la police recherchait en tant que témoins éventuels d'autres jeunes femmes qui auraient été abordées par l'auteur. Par la suite la grande majorité des médias ont donné le nom et publié la photo du meurtrier présumé. Cela a incité le Conseil de la presse, qui plaide depuis des années pour la retenue dans la mention des noms, à s'autosaisir de ce cas.

Dans sa prise de position publiée mercredi lors de sa conférence de presse annuelle, le Conseil de la presse souligne que même si une autorité livre elle-même le nom et/ou une photo d'un criminel présumé aux fins de publication, cela ne dispense pas les rédactions de mener leur propre réflexion en s'interrogeant de manière critique si un compte rendu dévoilant l'identité d'une personne n'est pas disproportionnée. C'est une composante importante de l'indépendance journalistique. Dans le cas d'un appel à témoins ou d'un avis de recherche il faut donc se demander si d'autres crimes sont à craindre ou si la poursuite pénale est compliquée par la fuite de l'auteur présumé ou parce qu'il conteste les faits.

Pour le Conseil de la presse un compte rendu anonymisant ne perd pas a priori son sens si une identité est dévoilée au cours d'une conférence de presse retransmise en direct. Malgré la publication, une seule et unique fois, du nom et de l'image de l'auteur présumé ne conférait pas nécessairement à ce dernier une notoriété telle qu'elle rendait inutile et superflu le respect de l'anonymat dans les comptes rendus ultérieurs.

Pour tous renseignements complémentaires:

Dominique von Burg, président Tel. 079 609 27 08 Martin Künzi, secrétaire Tel. 033 823 12 62

info@presserat.ch